Journal mural n°1 : Libertan, l’arnaque à la carte

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Cette nouvelle carte dont tout le monde parle (surtout les médias et les pubs du tram) vient d’arriver. Avec elle, et de façon plus discrète, est aussi arrivé le ticket de bus à 2 euros ! Rien de tel pour nous inciter à prendre cette carte qui nous promet de nous faire payer seulement 1 euro 38 (à condition de ne pas dépasser un certain nombre de trajets auquel cas on bascule au forfait au mois…). Cela nous ferait presque oublier qu’il y a seulement 3 ans, le ticket était encore à 1 euro 30…

Au bout du compte on ne gagne rien, mais eux si… Car cette nouvelle carte est une superbe arme économique et politique… Le fait de ne plus devoir sortir son porte-monnaie nous fait petit à petit oublier que l’on paye (cher) à chaque fois que l’on bipe. Cela incite les marcheurs, cyclistes et autres fraudeurs à se mettre en règle. Sous couvert de simplicité, c’est un nouveau bout de notre autonomie et du contrôle de nos (maigres) économies que l’on nous enlève et c’est surtout un renfort accru du contrôle de la population.

En effet la technologie RFID ( Radio Frequence Identification ) utilisée dans cette carte est avant tout une technologie de contrôle et de gestion des flux. À l’origine, cette technologie, qui consiste à implanter des puces contenant tout un tas d’informations et qui peuvent, grâce à un lecteur, être lues et réécrites, a été développée pour un usage militaire. On la trouve maintenant un peu partout, comme pour le suivi de marchandise ou de bétail ou alors intégrée dans nos passeports et nos animaux de compagnie… Et maintenant dans notre poche ou portefeuille grâce à la LiberTan !

Libertan, ma carte espion

Il est dorénavant possible de retracer totalement n’importe lequel de nos déplacements car, à chacun de nos bips, c’est notre identité qui est enregistrée dans un fichier avec, à côté, l’heure, la date et le lieu du bip. En plus de renseigner sur le trajet qu’a effectué n’importe quelle personne, il est techniquement tout à fait possible de déclencher, en temps réel, une alerte quand une personne précise bipe sa carte quelque part, ou qu’un groupe de personnes précis bipe dans le même tram ou encore que n’importe quelle personne habitant dans tel quartier vient de monter dans un bus en direction du centre ville…

LiberTan, la liberté… d’être suiviE à la trace

La Tan ne se cache d’ailleurs pas de la collaboration qu’elle va activement effectuer avec la police. Pascal Leroy, son directeur commercial, déclare  :

«  Les données personnelles (nom, prénom, adresse, photo, coordonnées bancaires) sont conservées deux ans après la fin de la relation commerciale, sauf s’il y a un litige où on les garde plus longtemps. Elle sont alors archivées, consultables par la police pendant dix ans [… ] Les «  données de validation  » , date et heure de montée à bord, sont gardées quatre mois puis dix ans dans un coffre-fort, pour la carte de paiement au coup par coup. Et une journée et dix ans pour l’abonnement illimité.   »

Bref, même si on n’a (pour l’instant) rien à se reprocher, en acceptant cette carte, c’est tout un
système que l’on accepte et toute une société que l’on cautionne. Une société où tout et tout le monde doit être propre, lisse, rentable. Où toute personne qui refuse ce fichage est considérée comme suspecte, voire illégale. Une société qui voudrait nous imposer sur quelle île on doit faire la fête (et jusqu’à quelle heure), dans quelle cité on doit dormir, dans quel quartier on doit faire son shopping et dans quel aéroport on doit (si l’on peut) prendre son avion.

Ni puçable, ni aménageable, LiberTan j’effacerai ton nom !

En PDF :
Nantes Nécropole – Journal mural n°1

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